J’ai hésité longtemps avant d’écrire cette chronique mais je me suis dit qu’il en valait vraiment la peine.
J’aimerais vous parler d’un homme que je considère comme un héros. D’un homme qui s’est battue pour que j’aie ce que j’ai aujourd’hui. Pour que le monde dans lequel je vis soit meilleur. Un homme, qui un jour, a pris position pour ce pays. Qui est allé au front volontairement et qui ne s’en ai jamais caché. Cet homme, c’est mon grand-père.
Il s’est enrôlé à 18 ans. Un an avant la circonscription obligatoire. Il était tellement fier!! Pour lui, se battre pour ce en quoi il croyait était plus qu’un privilège mais bien un devoir! S’est donc armée de son courage et de sa foi qu’il est allé au front. Le débarquement de Normandie, il l’a fait. Ses amis, il en a vu plusieurs tombés. Mais jamais il ne s’est plain. Il a toujours foncé. Ne jamais faire a moitié et ne jamais laissé un homme derrière. Tel était sa devise.
Une histoire qu’il m’a compté c’est quand il s’est blessé au combat. Un éclat d’obus dans l’œil gauche. C’est a ce moment là qu’il s’est fait faire prisonnier par les allemands. La chance, il en a eu. Puisqu’il était blessé, ils l’ont transporté dans un hôpital militaire allemand. Ironie du sort, à cette époque, les allemands étaient très réputés pour leurs opérations. C’étaient les meilleurs dans plusieurs domaines médicaux dont les yeux. Après avoir passé près de deux mois dans cet hôpital, il a vu entré un capitaine canadien anglais. Celui-ci a demandé de voir le commandant des lieux. Il faut savoir que les canadiens exerçaient un embargo sur les médicaments destinés aux allemands. Le capitaine a négocié l’échange de prisonniers canadiens contre les médicaments. Puisqu’ils n’en avaient même pas assez pour les leurs ils ont accepté. Mon grand-père se trouvait a coté de la porte et quand le capitaine est sorti, il l’a regardé et lui a dit : Tomorrow morning, by 9 o’clock, you’ll be out of here! Tout joyeux, il s’est empressé de le dire à ses amis qu’ils le prirent tous pour un fou. Certain était là depuis longtemps, 6 mois voir même un an. Et devinez ce qui c’est passé à 9 heures?? Ils étaient en route pour la base. Leur base canadienne chéri.
Des larmes, j’ai ai vu coulé de ses yeux. Mais c’était des larmes de joie. D’avoir réussi a passer au travers c’était extraordinaire. Il a pleuré les siens mais il n’a jamais regretté sa décision. Il disait qu’il fallait mieux se souvenir du bon car le mal, les cauchemars la nuit se chargeaient de les lui rappeler.
Il aimait aussi me raconter ce qu’il a fait ensuite. Comme s’était un blessé de guerre, il lui était interdit de retourner au front. Ça portait malchance pour les troupes qu’ils disaient. Il distribuait courrier et bonbons. C’est fameux bonbons. Des fois, ils en gardaient, lui et son copain, et invitaient les filles pour aller au théâtre le dimanche. Ils courtisaient ainsi les dames comme il disait. Ce poste était seulement pour les sergents et comme ils avaient vraiment besoin de quelqu’un pour ce poste (le sergent étant mort au combat) ils ont gradué mon grand-père sur le champs de bataille : lance sergent, il est devenu. (Lance signifie qu’il a été nommé au combat). Il est revenu avec une médaille mais je sais pas trop laquelle par contre.
Lors du 60ième de Normandie, il a traversé l’atlantique pour aller ses anciens camarades français. Il était tellement ému de pouvoir faire le voyage. Là-bas, il a raconté ses histoires aux enfants. Ils ont passée une semaine dans un camp avec eux. (Je crois que c’était des cadets ou quelque chose comme ça). Quand il est revenu de là, c’est comme s’il avait finalement bouclé la boucle.
Mon grand-père c’est éteint à l’hôpital le 24 juillet 2006 à l’age de 81 ans et 11 mois.
Ce que je retiens de lui, c’est son courage. Plusieurs fois dans sa vie, il a du faire face aux épreuves, dont la mort de grand-maman. Il a toujours foncé et profitez de la vie. Je n’étais pas aussi proche de lui que j’aurais voulu l’être mais avant qu’il meure, j’ai vraiment eu la chance de lui dire à quel point je l’aimais. Et je sais que ça il le savait. Je lui également mentionné mon intention de rentrer dans les forces. Chose qui l’a rendu fière comme un paon. Il m’encourageait vraiment dans cette histoire. Il comprenait mon désire. Il me comprenait…
Grand-papa tu me manques, mais je sais que tu vois où je suis maintenant. Je n’ai jamais abandonné. Je continue toujours mon rêve même si parfois c’est difficile. Je veux que tu sois toujours fière de ta petite fille…
Grand-papa… Je t’aime
lundi 19 novembre 2007
Hommage a Grand-Papa
Sur le papier souvenir
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7 annotations:
J'ai découvert ton blogue via celui de Chantal...
C'est un très beau billet et un très beau témoignage. :)
Je reviendrai te lire!
c'est vraiment un très beau texte, touchant et remplit d'émotions!
bravo!
Super texte. On peut y sentir ton amour pour ton grand-père, il doit te regarder avec amour d'ou il est.
C'est le 2e messages que je lis ce matin et qui me fais pleurer. Suis-je trop sensible ?
Quel homme ton grand-père ! Quelle histoire ! Ouf !
Il aurait été fier de lire ce beau texte et de voir toute la fierté qui t'habite.
Je n'ai qu'un mot: Merci...
@chantal: non c'est normal, une chance que c'est pas sur du papier car tu aurais vu les miennes aussi laisser des traces...
Tout un modèle. Merci de nous l'avoir partagé.
Thanks for writing this.
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